Témoignages

Irvin THOMAS, Level artist chez Beenox

Irvin THOMASLaval 3Di a été une bonne porte d'entrée dans l'univers de la 3D temps réel, me poussant à développer mes compétences techniques pour découvrir de nouveaux moteurs, de nouvelles technologies. J'appréciais beaucoup la présence d'intervenants professionnels, issus de différents domaines.

C'est une formation qui aide à mettre un pied dans le monde professionnel le plus rapidement possible, à une époque où la compétition est assez rude pour la plupart des postes d'artistes 3D. La proximité avec le salon Laval Virtual est également un très gros point positif; il met en contact les élèves directement avec les professionnels du même domaine, ce qui s'avère particulièrement utile pour la recherche d'emploi.

Sylvain PELLAN, infographiste 3D chez Rockstar Games

sylvain marques

Quel a été ton parcours ?
Aprés un Bac S j'ai rejoint l'ESCIN (aujourd'hui Laval 3di) pour intégrer le BTS communication visuelle option multimédia, puis la licence infographie 3D temps reel. A la fin des mes études j'ai travaillé six mois chez Artefacto à Rennes sur la création de décors 3D temps réel pour des applications de visualisation architecturale ou de bâtiments nautiques militaires. Voulant depuis toujours travailler dans les jeux vidéo, j'ai postulé un peu partout en France, et ai réussi à décrocher un poste chez Eden Games / Atari à Lyon. J'y ai découvert le monde du jeu vidéo en travaillant sur les décors Test Drive Unlimited 2 et Alone in the Dark. De suite j'ai su que j'avais trouvé ma voix et ne reviendrai plus vers la visualisation industrielle. Après un an chez Eden, j'ai eu la chance d'avoir été invité par des collègues à participer à la création d'une nouvelle société nommée Ivory Tower travaillant pour Ubisoft. Sept années extrêmement enrichissantes avec une équipe formidable s'en sont suivies : la création d'un nouveau moteur 3D et d'une nouvelle licence. Travaillant toujours sur les décors, j'ai eu à encadrer des infographistes aussi bien en France que dans des studios en Chine ou en Angleterre. Après la sortie du jeu The Crew, j'ai quitté Ivory Tower pour rejoindre Rockstar North où je travaille maintenant, toujours sur la création de décors.

En quoi consiste ton métier ?
Mon métier consiste en la création de décors en 3D pour le jeu vidéo. Travaillant sur des décors de type réaliste, il s'agit d’interpréter et transcender la réalité pour la rendre intéressante visuellement et en terme de gameplay pour le joueur. Au jour le jour, je modélise des immeubles, arbres, objets..., je les texture et les assemble dans le moteur du jeu pour créer un environnement cohérent et consistant. Je dois jouer avec les contraintes techniques et m'assurer que mes décors ne sont pas trop lourds et fonctionnent correctement sur les différentes consoles ou PC.

Quelles compétences cela nécessite-t-il ?
Rigueur, autonomie, créativité et flexibilité sont des mots qu'on entend souvent dans le monde du jeu vidéo, c'est une industrie extrêmement concurrentielle, on est en permanente compétition avec les studios du monde entier; rester dans les meilleurs exige beaucoup de travail. Il faut savoir s'adapter à l'évolution technique permanente des moteurs, se tenir au courant des nouvelles tendances, rester curieux et savoir gérer la pression lors des fréquentes périodes de "Crunch". Le jeu vidéo étant un travail d'équipe avant tout, avoir un bon relationnel est primordial, même en étant extrêmement doué une équipe ne vous gardera pas si vous ne savez pas vous adapter à l'ambiance ou avez continuellement une comportement conflictuel. D'un point de vue purement graphique, il faut savoir rester humble, peu importe votre niveau il y aura toujours des gens plus doués que vous, le comprendre sera extrêmement motivant et vous poussera à toujours progresser.

Qu'est ce qui te plait dans ton métier ?
J'aime dire que dans une semaine classique de travail, je suis un jour architecte, un jour urbaniste, un jour fleuriste, un jour paysagiste... La grande variété des décors que l'on a à modéliser nous force à nous intéresser à de nombreux domaines. Pour les besoins d'un jeu je vais devoir faire des recherches sur une ville, une région, choisir les éléments "cartes postales" que le joueur voudra retrouver dans son jeu, en gardant toujours à l'esprit que cela doit raconter une histoire ou servir le gameplay. Je connais par coeur les rues et quartiers de San Francisco, alors que je n'y ai jamais mis les pieds par exemple. Graphiste décors dans les jeux vidéo est un métier extrêmement créatif, on a vraiment la possibilité de s'exprimer. J'aime savoir que les décors que je crée serviront l'histoire ou le gameplay du jeu. Mon métier fait partie d'un tout, raconter une histoire ou proposer un gameplay novateur sont les principales caractéristiques d'un jeu vidéo. Mon travail est là pour servir ces finalités. Savoir que ces décors seront vus par des millions de personnes est aussi motivant qu’angoissant, mais pousse toujours à se surpasser. Une chose extrêmement enrichissante dans mon travail est la coopération avec les différents corps de métiers : savoir décrire et analyser ses besoins pour les retranscrire à un programmeur, travailler en collaboration avec un level ou game designer, admirer le travail des sound designers ou des scénaristes, être entouré de gens si talentueux est vraiment extrêmement motivant.

Un conseil pour les étudiants qui veulent se lancer dans une licence pro 3D temps réel ?
Etre passionné, motivé et surtout persévérer. Au début 90% de vos candidatures resteront sans réponse, il ne faut pas abandonner, vos efforts finiront par payer. Restez toujours curieux, et intéressez vous à plein d'autres domaines que le jeu vidéo, la plupart de vos inspirations originales viendront d'un autre medium.

 

 

 

Sylvain MARQUES, infographiste 3D chez Fictis Prévention

sylvain marques

Quel a été ton parcours ?
Après un bac STI Arts Appliqués, un BTS communication visuelle, je suis entré en Licence Pro Infographie 3D temps réel à l'ESCIN (aujourd'hui Laval 3Di) et j'ai fait mon stage de fin d'année au service R&D d'Orange à Rennes.Depuis 2010, je suis infographiste 3D chez Fictis Prévention.

En quoi consiste ton métier ?
Fictis Prévention évolue dans le domaine de la formation Santé, Sécurité et Qualité de vie au travail. Ainsi nous créons des supports de formations en ligne (E-learning), ainsi que sur supports papiers et DVD. Nous travaillons avec divers profils de clientèles (la formation étant nécessaire à tous niveaux), parmi lesquelles GDF SUEZ, Apave, PSA Peugeot Citroën… Ces clients, notre capacité à diversifier notre catalogue de formation, ainsi que notre variété de supports fait de cette société, un des principaux acteurs du marché français dans ce domaine.

Mon intervention se fait au niveau de l’illustration (images fixes, animations) des formations produites au sein de la société : situations du quotidien, environnements divers, accidents, explications techniques (ingénierie/ anatomie/architecture…), personnages/ véhicules…

Quelles compétences cela nécessite-t-il ?
La plus importante est sûrement la curiosité. Les domaines explorés étant très variés, il est indispensable de savoir s’adapter rapidement. Afin de bien répondre à la demande, l’anticipation des besoins et des problématiques, est indispensable. Il faut alors être capable de mettre en application toutes les étapes de la création 3D étudiées en licence pro 3D : Modélisation/ Texture/ Animation/ Mise en lumière/ Rendu/ Montage/ Post-production. Cela passe donc par la connaissance d’un grand nombre de logiciels (d’où la notion de veille constante à s’imposer, le domaine étant en constante évolution). Enfin, il est important d’avoir un regard à la fois technique et artistique sur ses créations, la difficulté dans l’univers de la formation étant certes d’être capable de transmettre un message, mais surtout de produire quelque chose d’esthétique.

Qu'est ce qui te plait dans ton métier ?
La possibilité de s’intéresser à différents univers, le fait de gérer la quasi-totalité de la chaine de production 3D, et donc d’explorer pleins de techniques différentes.

Un conseil pour les étudiants qui veulent se lancer dans une licence pro 3D temps rél ?
La passion… Aimer l’univers de l’informatique; être curieux de tout; être prêt à se remettre constamment en question et ne jamais se reposer sur ses acquis. Il y a du travail pour différents types de profils, mais savoir être à la fois créatif et technicien est selon moi, la clef pour bien évoluer dans cet univers.

Aujourd'hui les besoins en termes de 3D sont extrêmement divers. Les débouchés sont donc nombreux, au delà des seuls jeux vidéos. Les domaines en plein développement sont les jeux orientés mobiles/tablettes, les Serious Games, etc…

JULIE ORSEAU, infographiste 3D et chef de projet chez Enozone

julie orseauQuel a été ton parcours ?
J'ai fait un BTS communication visuelle option multimédia et ensuite une Licence professionnelle infographie 3D temps réel à l'ESCIN (aujourd'hui Lava 3Di). Aujourd'hui, je suis infographiste 3D temps réel et chef de projet chez Enozone.

En quoi consiste ton métier ?
Enozone à été créée en 2008 par un ancien du master de Laval et deux anciens étudiants de l'ESCIN (aujourd'hui Laval 3Di). Nous réalisons des projets complets en application 3D interactive, applications innovantes en virtuel, nous faisons un peu de 3d précalculé et de l'image. Nos clients sont essentiellement des entreprises ou des collectivités. Et nous les accompagnons du début à la fin en leur proposant le meilleur service correspondant à leur besoins.

Je suis amenée à modéliser des environnements 3D, à créer des animations, les texturer, les mettre en place dans une scène, préparer la scène pour le développeur. Et en tant que chef de projet, j'interviens dans la préparation d'un projet (devis, cahier des charges, création d'une équipe de travail, répartition des tâches, deadlines et relation client).

Quelles compétences cela nécessite-t-il ?
Pour faire ce métier, j'ai besoin de toute la connaissance que j'ai acquise durant mes années d'études. Connaissance des logiciels (3DS max, Photoshop, UV layout.), curiosité, j'ai besoin de me tenir informée des évolutions techniques liées à la 3D et au monde virtuel. Dans ce métier, on est constamment en train d'évoluer dans notre façon de travailler.

Un projet dont tu es particulièrement fière ?
Je pense au projet pour la ville de Laval en réalité augmentée qui a eu une certaine visibilité (il a été présenté à Laval Virtual 2013 ) et dont je suis fière d'avoir été chef de projet. C'est un projet patrimonial mené de façon scientifique sur 4 époques historiques. Nous avons travaillé en partenariat avec le service patrimoine de la ville. Les précisions concernant ces périodes sont de l'ordre de la dizaine de centimètre près selon les découvertes faites par les archéologues durant les fouilles de la place de la Trémoille et de la cour du château neuf qui ont eu lieu fin 2012, début 2013 !

Qu'est ce qui te plait dans ton métier ?
Manipuler la 3D, créer des mondes existants ou ayant existé, faire connaitre des mondes anciens sur les projets patrimoniaux, ou faire des élévations sur des projets d'aménagements futur. J'aime la réalité virtuelle et l'avancée technologique qui évolue tous les jours pour les usages et l'amélioration de la vie future. J'aime mon métier parce que je touche à l'innovation au quotidien.

Un conseil pour les étudiants qui veulent se lancer dans une licence pro 3D temps réel ?
Se donner à fond !

Retrouvez également une interview de Julier Orseau dans le Ouest France du 07 avril 2014, ainsi qu'un portrait d'Enozone. A lire ici.

CLEMENT MONA, infographiste 3D chez Polylmorph

Quel a été ton parcours ?
Je suis entré en 2003 à l'ESCIN (aujourd'hui Laval 3Di) après un bac S. J'y ai passé un BTS communication visuelle puis une Licence 3D temps réel. En licence, j'ai fait un stage dans un grand studio de jeu vidéo français, qui m'a permis de me lancer dans le milieu professionnel. 

En quoi consiste ton métier ?
Je suis infographiste 3D spécialisé dans le décor temps réel. Je travaille chez Polymorph. Cette société existe depuis plus de 10 ans et produit des "serious games" et du contenu pour les films d'attraction. C'est une entreprise reconnue qui est respectée pour son savoir faire. Elle a de belles ambitions et un certain potentiel.

Mon travail consiste à créer des environnements virtuels pour des jeux vidéos. Occasionnellement, je créé aussi des décors pour des films d'animation : actuellement je travaille sur un projet de film d'animation ayant pour thème les débuts  de la ville de Marseille. Je travaille également sur un projet de simulateur de péniches.

Quelles compétences cela nécessite-t-il ?
Il faut être à la fois artiste et technicien. Maîtriser les techniques de la 3D temps réel, c'est à dire faire de belles choses en s'assurant que l'ordinateur qui calculera les images ne soit pas surchargé par un graphisme trop compliqué. En somme cela revient à savoir faire beaucoup avec peu de ressources. Il faut être rigoureux pour faciliter la tâche des gens autour de nous qui récupèrent notre travail.  

J’utilise Maya, 3dsMax, Blender, Unity, UDK, les logiciels de 3D font tous à peu près la même chose. On entend souvent dire que tel ou tel logiciel est meilleur, mais c'est faux. Un bon logiciel utilisé par un mauvais artiste fera un mauvais graphisme. Un bon artiste sur un logiciel plus faible réussira toujours à faire quelque chose de beau.

Un projet dont tu es particulièrement fier ?
Le projet dont je suis le plus fier est sans doute le court film Tigrrr sur lequel j'ai modélisé de nombreux décors. On peut en voir quelques extraits ici : https://vimeo.com/46214368#

Qu'est ce qui te plait dans ton métier ?
J'aime pouvoir gagner ma vie en ayant pour but de faire de belles choses, que les gens puissent admirer. Il y a pire comme activité je trouve! J'aime l'ambiance au travail, détendue. J'ai retrouvé cette ambiance partout où j'ai travaillé et c'est une vraie chance. Mais tout n'est pas merveilleux pour autant, les conflits arrivent aussi parfois et lors de projets courts la tension peut devenir palpable. Mais tant que nous restons entre gens intelligents, en général, tout se finit bien. 

Un conseil pour les étudiants qui veulent se lancer dans une licence pro 3D temps rél ?
Soyez passionnés. On ne fait pas ce métier si on ne l'aime pas. Aimez l'image, les personnages cartoon, l'hyperréalisme, bref n'importe quoi qui vous raccroche à ce métier. Pour ma part j'aime raconter des histoires. C'est pour cela que j'aime ce métier.

CLAIRE NOEL, infographiste 2D/3D et Directrice Artistique

claire noelQuel a été ton parcours ?
J'ai fait un bac S spécialité math, en théorie rien à voir avec ce qui m’intéressait réellement, c'est-à-dire les arts. J'y ai appris logique et esprit d'analyse qui se sont révélés très utiles pour la suite de ma formation en 3D. Après une formation aux Beaux-Arts de Caen et une spécialisation en dessin, j’ai été coloriste pour les 2 tomes de la BD L'arche de Zoé avec Emmanuel Delente et Jean-François Miniac. Ensuite, en 2007 j'ai repris mes études pour compléter ma formation en 3D et j’ai intégré la Licence professionnelle en 3D temps réel à Laval. Un parcours qui finalement m'a permis d'avoir un profil assez complet.

En quoi consiste ton métier ?
Je travaille dans le monde des jeux vidéos. Après avoir travaillé dans différentes structures (grandes et petites entreprises), je suis en train de créer ma structure.Chaque expérience m'a permis d'appréhender différentes pipelines de production, les défauts, et les pièges à éviter, mais aussi les optimisations. J'ai travaillé en tant qu'infographiste 3D, puis infographiste 2D/3D et enfin j'ai pu créer mes univers et être Directrice Artistique au sein de cTools-studio.

J'ai quitté cette dernière pour suivre mon compagnon dans le sud. Je n'arrête pas pour autant ma passion et je travaille aujourd'hui sur une application pour les grands et petits enfants (je n'en dirai pas plus pour le moment... secret)

Quelles compétences cela nécessite-t-il ?
Pour être Directeur Artistique et Lead Graphiste, il faut être polyvalent, savoir se remettre en question et être persévérant : Passer par les différentes étapes du "graphiste" (exécutant, puis créateur, et enfin Lead graphiste) n'est pas obligatoire mais cela m'a permis d'acquérir diverses compétences. Aujourd'hui elles me servent à mieux gérer les problèmes qui se posent à moi. Le travail d'équipe est aussi important : Il faut savoir être à l'écoute des autres corps de métier, ne surtout pas négliger leurs contraintes, tout en parlant des siennes pour arriver à un résultat équilibré. Quand on veut diriger une équipe je dirais que, pour la comprendre, le mieux c'est d'avoir été à leur place un jour, ou au moins, de savoir se mettre à la place "de". Être chef d'une section cela ne veut pas dire "tout savoir", par contre "tout gérer", oui. J'ai continué à apprendre des autres, et je continue aujourd'hui.

Ensuite être Directeur Artistique, c'est construire un univers et s'y tenir ! Être cohérent tout au long d'un projet n'est pas toujours chose facile, mais c'est aussi un bon défi. Vous serez "le" référent graphique : dans tous les cas de figure vous devrez trouver une solution. Et bien sûr, il faut être créatif, pointu, et curieux.

Un projet dont tu es particulièrement fier ?
Pour le moment, je soutiens pas mal mon premier projet, Kung Fu Rabbit. Il était sorti l'année dernière sur iOS, et il est sorti récemment sur la WiiU. Neko, qui s'est occupé de faire le portage (c'est-à-dire ladaptation du programme pour qu'il fonctionne sur différents supports) du jeu, a réalisé un de mes rêves de gamine joueuse de la première Gameboy. Avoir son propre jeu sur Nintendo !

Qu'est ce qui te plait dans ton métier ?
Développer des univers, et les voir s'animer. 

Un conseil pour les étudiants qui veulent se lancer dans une licence pro 3D temps réel ?
La concurrence est rude, certes, personne ne le niera. Mais si c'est votre passion et que vous êtes lucides sur vos capacités, accrochez vous ! Vous y arriverez.

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